21 avril, 2017

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Washington, DC ― Un nouveau rapport du Centre pour la Recherche Economique et Politique (CEPR) montre que les contraintes politiques imposées à la France par les autorités européennes et le Fonds Monétaire International (FMI) constituent un frein important à la relance de la croissance économique et de l’emploi français.

Le résumé exécutif de ce rapport est disponible ici.

« Il est peu probable que l’électorat français accepte les contraintes des autorités européennes ou les mesures d’austérité indéfiniment », indique Mark Weisbrot, co-directeur du CEPR et auteur principal du rapport. « La montée de l’extrême droite qui attribue les problèmes de la France aux minorités et aux étrangers est clairement un résultat de l’échec de ces politiques et du ralliement des centristes à ces politiques. En parallèle, on observe aussi un soutien croissant à des alternatives progressives et réalistes ».

La France, qui entre en période électorale (le premier tour des élections présidentielles se déroulera le 23 avril), sort d’une décennie perdue, marquée par une croissance quasi-nulle du PIB par tête. Le taux de chômage s’élevait à 10% en moyenne en 2016.

Le rapport note qu’ « avec une inflation à 0,35%, et un coût d’emprunt réel nul, le gouvernement a la possibilité de réduire considérablement le chômage à travers la dépense et l’investissement publics. Les freins à l’emploi et à la croissance sont de nature politique, et non économique ». Les autorités européennes poussent cependant pour de plus grandes restrictions en matière de dépense publique, soutenues par le FMI qui recommande de « limiter la croissance des dépenses publiques au taux d’inflation, comme prévu par le programme de stabilité du gouvernement ».

La France affiche une charge de la dette publique  de 1,7% de son PIB, un taux faible par rapport à d’autres pays similaires à la France. Le rapport montre que les coupes budgétaires sévères portées au système public de retraite ces dernières années n’étaient pas nécessaires, puisque les dépenses de retraites devaient croître de seulement 1% de PIB pour les 60 prochaines années d’après les projections.

Le rapport du CEPR note que « Les coupes budgétaires que le gouvernement français a consenties pour les prochaines années empêcheront le gouvernement de jouer son rôle dans la réduction du chômage de masse ».

Les autorités européennes, et le FMI, promeuvent un retrait de l’Etat providence, se traduisant par des coupes dans les dépenses publiques de retraite et de santé, des réformes du marché du travail qui réduisent le pouvoir de négociation des syndicats, des mesures qui accroissent l’offre de travail, et une réduction générale des dépenses publiques et des impôts. Certaines de ces réformes ont déjà été promulguées : elles ont conduit à d’importantes contestations et à un niveau d’impopularité du président actuel, François Hollande, tel qu’il n’a pas pu se présenter à sa propre succession.

Le rapport note que les autorités européennes ont soutenu des politiques similaires en Espagne, en Grèce, en Italie, au Portugal, et dans d’autres pays, avec, pour conséquence, des crises et récessions économiques. Les recommandations faites à la France devraient donc être examinées avec un regard critique.

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