Alexander Main
Le Monde diplomatique, 1 juillet, 2019

ΑΥΓΗ, 23 septembre 2019
Jacobin, août 2019

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Le Venezuela, au départ, ne figurait pas au rang des principales préoccupations du président américain Donald Trump. Pendant la campagne présidentielle, il a rarement prononcé le nom du pays, et jamais pour suggérer qu’il envisageait d’y intervenir.

Tout bascule au printemps 2017, à la suite d’une série de rencontres entre M. Trump et son ancien rival des primaires républicaines Marco Rubio, un sénateur de Floride d’origine cubaine. Proche des donateurs et des électeurs hostiles à La Havane et à Caracas installés à Miami, M. Rubio semble réussir à convaincre son interlocuteur de l’intérêt électoral d’adopter une ligne dure concernant le Venezuela : parvenir à un changement de régime garantirait selon lui de l’emporter dans cet État-clé lors de la prochaine présidentielle.

Le président Trump proclame alors son intention de revenir sur la politique de normalisation à l’égard de Cuba, introduite par son prédécesseur Barack Obama. S’agissant du Venezuela, il rappelle qu’une « solution militaire » demeure sur la table, avant d’imposer une batterie de sanctions dévastatrices à Caracas. Fait inimaginable il y a une dizaine d’années, les principales capitales de la région se joignent aux efforts de Washington pour renverser le gouvernement du président Nicolás Maduro.

Tectonique des blocs

C’est que l’Amérique latine a changé. Lorsque M. Obama prend ses fonctions, en janvier 2009, la plupart des pays latino-américains et de la Caraïbe sont gouvernés à gauche. Des dirigeants politiques y défendent l’indépendance de la région, en dépit des efforts des administrations républicaines précédentes pour entraver l’essor de la « vague rouge » qui a déferlé sur le sous-continent au début du XXIe siècle.

Quand, au terme de son second mandat, le premier président noir des États-Unis fait ses valises, l’Amérique latine a viré à droite. D’importantes organisations d’intégration régionale portées par la gauche, comme l’Union des nations sud-américaines (Unasur) ou la Communauté d’États latino-américains (...)

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