Alexander Main
Le Monde diplomatique, janvier 2018

Le Monde diplomatique en español, janvier 2018
Jacobin, 8 janvier 2018
NACLA, 11 janvier 2018

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Des soldats le doigt sur la gâchette en plein milieu de la route, des manifestants qui courent chercher un abri au milieu des nuages de gaz lacrymogène… Début décembre 2017, les rues de Tegucigalpa, la capitale hondurienne, présentaient tous les signes d’un coup d’État militaire, rappelant le climat de juin 2009, lorsque le président de gauche Manuel Zelaya fut enlevé par l’armée et embarqué de force dans un avion à destination du Costa Rica.

Cette fois, ce sont de sérieux indices de fraude électorale qui ont mis le feu aux poudres. L’élection présidentielle du 26 novembre dernier s’est tenue dans un climat d’extrême tension, marquée par la crainte que le Tribunal suprême électoral (TSE), acquis au Parti national du Honduras (PNH) au pouvoir, soit prêt à tout pour garantir un second mandat au président sortant, M. Juan Orlando Hernández, contesté pour ses dérives autoritaires et son implication dans des affaires de corruption. À cette crainte s’ajoute une certitude : Washington ne serait pas indifférent au résultat de son poulain, garant du maintien d’une politique ultralibérale et de la militarisation du pays.

Difficile de déterminer à quel moment précis dans l’histoire du Honduras est apparue l’expression « proconsul » pour désigner l’ambassadeur des États-Unis. Le terme jouissait déjà d’une large popularité au début des années 1980, quand l’ambassade américaine à Tegucigalpa accompagna — pour ne pas dire orchestra — la fragile transition de la dictature militaire hondurienne vers un régime de démocratie conditionnelle et militarisée. La mission confiée au proconsul en poste à cette époque, M. John Negroponte, était parfaitement claire : s’assurer que le Honduras serve de plate-forme de coordination pour la guerre clandestine menée par l’administration Reagan contre le gouvernement sandiniste au Nicaragua et contre les mouvements de gauche au Salvador ou au Guatemala. Ce qui impliquait non seulement une forte présence militaire américaine au Honduras, mais aussi la mise sous contrôle de la vie (...)

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Alexander Main. Analyste politique au Center for Economic and Policy Research (CEPR), Washington, DC.